Collé à l’Écusson mais resté à part, Figuerolles intrigue autant qu’il attire. Les uns y voient le dernier quartier authentique de Montpellier, les autres un secteur encore rugueux qui peine à se défaire de sa réputation. La vérité se situe entre les deux, et elle dépend beaucoup de ce que vous cherchez : sortir, habiter, investir ou simplement flâner. Pour comparer d’autres grands quartiers urbains, consultez les quartiers de Nantes selon votre profil.
Figuerolles en bref : où se trouve le quartier et son caractère
Figuerolles est un faubourg de l’ouest de Montpellier, situé juste en dehors du centre historique. Il s’étend entre l’Écusson, le cours Gambetta et les axes qui partent vers Celleneuve et les quartiers de l’ouest. Son cœur battant est la place Roger Salengro, autour de laquelle s’organisent cafés, commerces de bouche et petites rues animées. On rejoint la place de la Comédie à pied en une dizaine de minutes, et la gare Saint-Roch en un peu plus d’un quart d’heure.
Le caractère du quartier tient en quelques mots : dense, populaire, vivant et très mélangé. Les ruelles sont étroites, les immeubles anciens, souvent de trois ou quatre étages, et la vie se déroule largement dehors, sur les trottoirs et les terrasses. Ce n’est pas un quartier de carte postale, mais un lieu de vie où l’on croise des étudiants, des familles installées depuis des décennies, des artisans et des artistes. Pour une réflexion comparable sur la réputation d’un secteur urbain, lisez l’histoire des quartiers nord de Marseille.
D’où vient le nom de Figuerolles ?
Le nom renvoie très probablement à l’occitan figuerola, un petit figuier, ce qui évoque les jardins et les terres cultivées qui entouraient la ville avant l’urbanisation. Le secteur s’est construit au XIXe siècle, hors des anciens remparts, comme un faubourg d’ouvriers, de vignerons et d’artisans. Plus tard, les vagues d’immigration, notamment espagnole puis maghrébine, ont façonné son visage actuel. Cette histoire explique la mixité qui le caractérise encore aujourd’hui.
Une ambiance populaire, métissée et en pleine transformation
La première impression à Figuerolles, c’est le bruit de la vie de quartier : des voix, des commerces qui ouvrent, des enfants qui traversent la place. L’ambiance populaire n’a rien d’une façade, elle se retrouve dans les petits marchés, les épiceries de proximité, les boulangeries et les échoppes de cuisine du monde. Beaucoup d’habitants se connaissent, ce qui donne au faubourg un côté village rare à cette distance de l’hypercentre.
Depuis une quinzaine d’années, le quartier change. Des jeunes actifs, des étudiants et des profils créatifs s’installent dans d’anciens ateliers ou des appartements rénovés, attirés par des loyers longtemps plus doux que dans l’Écusson. Cette transformation urbaine s’accompagne de réhabilitations d’immeubles, de ravalements de façades et de réaménagements d’espaces publics, avec des effets inégaux d’une rue à l’autre. Certaines artères paraissent déjà soignées, d’autres attendent encore leur tour.
Figuerolles voisine d’ailleurs avec Gambetta, son prolongement naturel au sud, plus commerçant et très fréquenté, avec ses halles et ses boutiques. Plus loin à l’ouest, Celleneuve offre un autre visage de faubourg, plus calme et plus villageois. Comparer les trois permet de mesurer ce que Figuerolles a de particulier : une énergie plus brute et plus urbaine.
Où manger, boire et sortir à Figuerolles

Le quartier est apprécié pour ses bars et ses cafés sans chichis. Autour de la place Roger Salengro et des rues voisines, on trouve des terrasses où l’on s’attarde à l’apéritif, des bars de quartier fréquentés par les habitués et quelques lieux plus alternatifs qui accueillent concerts, expositions ou soirées associatives. Les prix restent généralement plus abordables que dans le centre historique, ce qui explique en partie la clientèle étudiante.
Côté restaurants, la diversité est l’atout principal : tapas et cuisine méditerranéenne, adresses maghrébines, snacks, petites tables de cuisine du marché tenues par de jeunes chefs. On y déjeune souvent pour un budget raisonnable, avec une vraie variété de saveurs. Le soir, l’animation se concentre autour de la place, tandis que les rues adjacentes retrouvent vite leur calme.
Pour les courses, les commerces de proximité couvrent l’essentiel, et les halles du secteur de Gambetta sont à quelques minutes à pied. Vous pouvez vivre sans voiture au quotidien, ce qui compte dans une ville où le stationnement est difficile.
Atouts et limites : sécurité, propreté et nuisances
Les points forts sont clairs : la proximité immédiate du centre, la vie de quartier, la diversité commerciale et des prix encore inférieurs à ceux de l’Écusson. Sur le papier, le faubourg coche beaucoup de cases pour qui aime marcher, sortir et vivre au milieu des autres.
Les limites, elles, reviennent dans la plupart des avis d’habitants. La sécurité est le sujet le plus sensible : des faits de petite délinquance et des points de trafic de stupéfiants localisés ont été signalés par la presse locale, avec des opérations de police régulières dans certaines rues. La situation varie fortement d’une rue à l’autre et selon l’heure, ce qui rend les généralisations hasardeuses. La propreté est le second grief, avec des dépôts sauvages et des encombrants qui s’accumulent dans les ruelles étroites où la collecte est compliquée.
Les nuisances sonores forment le troisième point de friction. Terrasses, circulation dans des rues étroites, passage nocturne : si vous dormez fenêtre ouverte côté place, vous l’entendrez. Un appartement sur cour ou à un étage élevé change radicalement le confort.
Tester une rue avant de s’y engager : trois passages, trois horaires
Allez-y un mardi matin, un jeudi en fin d’après-midi et un samedi vers 23 h. Écoutez le bruit, observez l’état des trottoirs et des façades, parlez à un commerçant. En une heure cumulée, vous aurez une image plus fiable que n’importe quel avis en ligne. Pour des chiffres objectifs, les statistiques officielles de la délinquance se consultent à l’échelle de la commune, rarement du quartier : elles complètent la visite sans la remplacer.
Vivre ou acheter à Figuerolles : profils concernés et immobilier
Le quartier convient surtout à ceux qui privilégient l’animation et la proximité du centre à la tranquillité. Il séduit aussi les personnes qui n’ont pas besoin d’une voiture et qui apprécient un voisinage varié.
| Profil | Adéquation |
|---|---|
| Étudiant, jeune actif | Très bonne : loyers plus doux, sorties à pied, centre à proximité |
| Créatif, artisan | Bonne : ambiance alternative, lieux associatifs, locaux plus abordables |
| Famille avec enfants | Variable : peu d’espaces verts, bruit, à étudier rue par rue |
| Recherche de calme | Limitée : mieux vaut viser Celleneuve ou un logement sur cour |
Côté immobilier, le prix au mètre carré reste en général inférieur à celui de l’Écusson, mais l’écart se réduit à mesure que le quartier se valorise. Comptez un ordre de grandeur de 3 000 à 3 800 € le mètre carré selon l’état de l’immeuble, l’étage et la rue, à vérifier avec les transactions récentes avant toute offre. Les petites surfaces, très demandées par les étudiants et les jeunes actifs, alimentent un marché de l’investissement locatif dynamique, avec une vacance faible.
Pour un achat, quelques réflexes évitent les mauvaises surprises : examiner l’état de la copropriété et des parties communes, vérifier le diagnostic de performance énergétique (les passoires thermiques sont fréquentes dans l’ancien) et visiter à plusieurs horaires. Les projets urbains en cours, notamment les réhabilitations d’îlots et les réaménagements de voirie, peuvent soutenir la valeur des biens à moyen terme, sans garantie pour autant. Mieux vaut acheter pour y vivre ou pour louer durablement que pour un gain de court terme.
Faut-il choisir Figuerolles ?

Si vous cherchez un quartier calme et lisse, passez votre chemin. Si vous aimez les rues vivantes, les adresses sans prétention et un centre accessible à pied, Figuerolles mérite un vrai essai, de jour comme de nuit. Le quartier a des défauts connus, mais aussi une personnalité que peu de secteurs de Montpellier ont conservée.

